Blog de l'agence K.ractère
18 Février 2012
Les 7 clés d’une interview réussie
Très pratiquée en entreprise, l'interview compte parmi les exercices les plus ardus du journalisme. Mettre votre interlocuteur à l'aise, poser des questions pertinentes, obtenir des réponses et enfin, écrire un papier vivant… tout un art !
1. Soigner la prise de contact
Le premier contact est souvent enclenché via le téléphone ou le mail. Mieux vaut privilégier le téléphone qui permet une réponse directe et nuancée. Si vous êtes moins à l’aise à l’oral,
vous pouvez opter pour un email… tout en sachant que la probabilité d'une réponse positive est moins probante. Dans tous les cas, le message se doit toujours d’être cordial, chaleureux, mais pas
trop (évitez d’être obséquieux). Laissez à l’interviewé le choix du moment et de l’endroit (si possible, un lieu où il sera à l'aise).
2. Poser des questions ouvertes
Privilégiez les questions ouvertes (à laquelle on ne peut répondre par oui ou par non), celles qui correspondent le plus à l’interviewé. Commencez toujours par une question très large, style «
racontez-moi ce qui vous a conduit à gérer ce projet », histoire de le mettre en confiance et obtienir les réponses les plus longues possible aux questions suivantes.
3. Créer une ambiance décontractée
Si vous êtes mal à l’aise, votre interlocuteur le sera aussi. Si vous hésitez en regardant vos notes parce que vous avez perdu le fil des questions, il risquera de décrocher. Rangez vos notes et
apprenez qu’une interview se passe d’autant mieux si elle prend la tournure d'une vraie conversation. Évitez les longs silences, ne coupez pas sans cesse la parole, n’hésitez pas à faire un peu
d’humour, bref, soyez à l’aise et l’autre le sera. Mais gardez en tête que vous n’êtes pas avec un ami.
4. Obtenir les réponses aux questions
C’est à quoi s’attachent les journalistes anglo-saxons, à force de répéter 36 fois la même question quand leur interlocuteur ne veut pas y répondre. Pour le journalisme d’entreprise, cette
technique peut être perçue comme trop agressive. L’essentiel sera dès lors de garder sa question en tête quand on écoute la réponse et la reformuler si l’on n’est pas satisfait de la réponse.
Vous devez toujours vous fixer un objectif à atteindre et vous rendre à l’interview avec une certaine idée des réponses. N’oubliez cependant pas d’être ouvert à toute information nouvelle.
5. Prendre des notes vs enregistrer
Pour la simple citation, la prise de notes est facultative, beaucoup de journalistes
se contentent de discuter et de retranscrire la réponse directement sur ordinateur. En interview complète, deux techniques sont à privilégier : la prise de note ou l’enregistrement. Par
souci de précision, le magnétophone est conseillé. Certains journalistes préfèrent le bloc-notes, car la retranscription de l’audio peut s’avérer ardue. Personnellement, je préconise la
combinaison prise de notes + enregistrement. La prise de note impose en effet une écoute plus attentive (ne pas oublier de prendre note du non-verbal). L’enregistrement permet de disposer d’un
matériau exhaustif qui pourra servir en cas de contestation.
6. Choisir le bon modèle
Pour retranscrire votre entrevue, vous aurez à choisir entre l’interview directe (question/réponse) ou indirecte (citations). Le choix peut dépendre de deux facteurs :
7. Faire relire ou pas
L’éthique vous impose au moins une règle : envoyer l’interview publiée. À vous de voir ensuite quel droit de regard vous laisserez à l’interviewé avant publication. En journalisme d’entreprise, l’usage impose que l’on soumette l’interview à l’intéressé avant publication (c’est souvent souhaitable pour éviter toute inexactitude sur le fond). Sur la forme, ne vous laissez cependant pas faire, soyez ouvert sans être au service de la personne.